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Briefe / Mitteilungen

Initiative anti-tabac: un vote de la sagesse populaire

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2022.20638
Veröffentlichung: 23.03.2022
Schweiz Ärzteztg. 2022;103(12):389

Dr Roland Niedermann, spécialiste en médecine interne générale, Chêne-Bougeries

Initiative anti-tabac: un vote de la ­sagesse populaire

Le peuple et les cantons ont accepté l’initiative populaire pour la protection des enfants et des jeunes contre une publicité ayant pour but de les transformer en consommateurs du tabac, des produits scientifiquement reconnus comme nuisibles à la santé et addictifs, c’est-à-dire les rendant dépendants à la nicotine. Le oui est net et réjouit le monde médical et de la prévention.

En Suisse, l’acceptation d’une initiative est rare (25 sur 227). Et l’acceptation de deux initiatives en moins de six mois est exceptionnelle, surtout si l’on tient compte que les deux relèvent du domaine de la santé. La pandémie a-t-elle aiguisé la sensibilité de la population en matière de santé? En novembre, le peuple a plébiscité l’initiative des soins, maintenant il a accepté celle de la prévention selon le proverbe «Mieux vaut prévenir que guérir».

Personne ne peut rester indifférent aux argumentaires utilisés par les partisans de et les opposants à cette restriction publicitaire du tabac. Les adversaires mettaient en avant le bien-être économique et la liberté d’une industrie et d’un commerce qui font des affaires lucratives avec un produit qui «tue». Les partisans se souciaient de la santé de la population de demain et plus généralement de la santé publique. Personne ne peut ignorer le fait que santé et tabac sont incompatibles ni celui que toute personne dépendante au tabac est un client précieux de cette industrie. Plus cette personne est jeune, plus intense et longue sera sa carrière de dépendante.

La Suisse détient l’un des taux de fumeurs parmi les plus élevés d’Europe. En adoptant une vraie politique de prévention, des pays comparables ont réussi à diminuer ce que la médecine qualifie d’épidémie anthropogène [1].

Hélas, ce oui remarquable ne corrige pas la Loi sur les produits du tabac, qui empêche la Suisse de ratifier la Convention cadre anti­tabac de l’ONU. Le Parlement et le gouvernement portent la responsabilité d’une nation qui se classe parmi les dernières pro-tabac au monde et qui préfère les affaires lucratives des multinationales du tabac, qu’elle n’a pas honte d’héberger, à la sagesse populaire et au savoir médical.

Référence

1 Progress with the global tobacco epidemic. www.­thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(15)60498-6/fulltext

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