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Briefe / Mitteilungen

Relève et qualité des soins: problème accru dans les domaines chirurgicaux

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2022.20711
Veröffentlichung: 27.04.2022
Schweiz Ärzteztg. 2022;103(17):552

Dr méd. Michaël Papaloïzos,

vice-président FMCH, Genève

Relève et qualité des soins: problème accru dans les domaines chirurgicaux

Lettre concernant: Schweizer C, Hostettler S, Kraft E. La qualité des soins dépend d’une relève suffisante et qualifiée. Bull Med Suisses. 2022;103(12):379–81.

La division Communication de la FMH vient de publier les principaux chiffres concernant les médecins en exercice en Suisse pour 2021. La FMCH suit attentivement cette évolution depuis des années.

En tant que spécialistes des disciplines chirurgicales et invasives, nous en constatons aussi les effets. Nous ne mettons aucunement en cause les changements sociétaux qui apparaissent de plus en plus clairement au fil des années: vieillissement de la population médicale, féminisation de la profession, diminution du temps de travail, dépendance accrue envers les médecins étrangers, changements dans les modes d’installation privilégiant les cabinets de groupe. Ni de questionner l’importance fondamentale de la médecine de premier recours, en recul régulier, en particulier en milieu rural; que ce manque d’attrait soit d’abord de nature tarifaire, comme le laisse entendre l’article cité, et que le TARDOC en constitue la seule réponse, nous paraît moins sûr. Pourquoi les prestations techniques seraient surtarifées et quelles en ­seraient les justifications, et s’opposeraient-elles à des «prestations mobilisant d’impor­tantes ressources en personnel», alors que ce sont bien souvent justement ces prestations techniques qui les nécessitent. De telles vé­rités assénées sans en donner la moindre ­validation sont discutables.

Le problème de la relève et de la qualité des soins dans les domaines chirurgicaux nous préoccupe particulièrement et se manifeste de manière très concrète dans les spécialités dites invasives. En effet, les programmes de formation en chirurgie tendent à raccourcir les années de formation. Couplée à la volonté des nouvelles générations de travailler moins et à la féminisation (jusqu’à 70–80% dans certaines spécialités), cette tendance n’améliore pas la qualité de la formation mais bien plutôt à mettre sur le marché, in fine, des spécialistes dont l’expérience pratique, pourtant cruciale quand on parle de qualité en chirurgie (on ne fait bien que ce que l’on fait – ou a pu faire – ­régulièrement), s’en trouve réduite. A cela s’ajoute l’augmentation de la charge administrative, qui pèse encore plus sur le temps consacré effectivement à soigner soit, en chirurgie, à voir, comprendre, informer et finalement opérer (ou pas) des patients. Quadrature du cercle en somme.

Considérons également que ce ne sont pas les années de formation effectives mais les années reconnues par l’ISFM pour une formation donnée qui définissent la «valeur in­trinsèque quantitative» du spécialiste: dix ans pour acquérir l’expérience nécessaire à une pratique indépendante et sûre, soit à fournir des prestations chirurgicales efficaces, économiques et appropriées (LAMal, art. 32), mais six seulement, correspondant au programme de formation concerné, seront validées du point de vue tarifaire. Relève, qualité et tarifs sont liés.

Est-ce bien comme cela que l’on pense former plus et mieux dans les disciplines chirur­gi­cales et invasives? Ces contradictions intrin­sèques dans le système de formation, et au-delà, doivent être repensées par tous ses acteurs.

Le financement uniforme des prestations ­ambulatoires et stationnaires (EFAS) est sans aucun doute une partie de la solution à l’augmentation des coûts de la santé, pour autant qu’elle ne dévalorise pas les prestations chirurgicales au passage du stationnaire à l’ambulatoire. Pour le chirurgien, la prestation est la même. Seuls les risques changent.

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