Briefe / Mitteilungen

Le corps médical est-il vraiment ce que l’on en dit ?

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2018.06491
Veröffentlichung: 28.02.2018
Schweiz Ärzteztg. 2018;99(09):268

Dr Fabienne Gay-Crosier, Carouge, Genève

Le corps médical est-il vraiment ce que l’on en dit?

Lettre concernant: Meyer B, Jans C, Golder L. Le corps médical est ouvert à de nouveaux modèles de financement. Bull Méd Suisses. 2018;99(3):45–8.

L’argumentaire se base a priori pour la médecine libérale ambulatoire sur l’interrogatoire de 295 médecins seulement sur plus de 30 000 médecins cotisant auprès de la FMH! Donc, sur moins de 1% d’entre eux! Quelle est donc la pertinence de l’affirmation ci-dessus interrogeant moins de 1% des intéressés qui pourtant, eux, représentent plus de 50% des médecins?

En effet, après un rapide calcul, il s’avère que sur ces 1%, il y a 42% a priori contre, 38% d’indécis et en fait seulement 32% pour (la somme de ces chiffres curieusement fait un total >100!). Et si nous nous basons de plus sur les statistiques médicales de la FMH 2016, plus de 50% des médecins en exercice pratiquent en ambulatoire, dont plus de 50% en cabinet individuel (dont près de la moitié des femmes, soit 46,3%).

Alors? Une volonté d’information pertinente? Ou une publicité trompeuse pour une étati­sation indirecte de la médecine ambulatoire suisse? Car en effet, rappelons encore que le sujet de l’article est le financement uniforme des secteurs ambulatoire et hospitalier. Par ailleurs, plusieurs notions en chiffres sont explicitées au moins à quatre reprises dans cet article sans que l’on puisse juger de leur pertinence vu l’absence de chiffres totaux permettant de s’y rapporter.

Gageons que faits et affirmations font tourner la planète, mais que sur cette dernière, plus de 50% des médecins de certains cantons sont actuellement en «burnout». Il convient donc de toute urgence à ce que la FMH engage, elle, de gros et de justes moyens afin d’aider de ­façon juste et correcte les médecins cotisant à cette société. En lisant l’extrait suivant: «un glissement des compétences de décision vers des structures et des professionnels de la santé meilleur marché mais tout aussi compétents est déterminant» (article pages 56 à 59 du même numéro), on peut pour l’instant être en droit d’en douter. On ne doit pas parler de la même définition «pertinente» de la com­pétence. Espérons que nos politiciens s’y retrouvent!

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