Briefe / Mitteilungen

Un groupe d’irresponsables

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2019.17798
Veröffentlichung: 24.04.2019
Schweiz Ärzteztg. 2019;100(1718):608

Dr méd. François Mosimann, ancien professeur de chirurgie aux universités de Lausanne, puis Sherbrooke (Canada), Saint-Saphorin (Lavaux)

Un groupe d’irresponsables

Lettre concernant: Frei A, Aemissegger U, Beerli A, Sicher M, Stoffel G. Organspende am Lebensende. Schweiz Ärzteztg. 2019;100(14):508–10.

Les fake news et la désinformation sont plus que jamais d’actualité et il n’est pas étonnant que la médecine n’y échappe pas. Il est cependant déplorable que des médecins se prêtent à ce jeu. Nous connaissions déjà quelques confrères militant contre les vac­cinations et voici maintenant qu’un groupe d’irresponsables voudrait interdire la trans­plantation d’organes prélevés sur des personnes décédées dont l’altruisme et la générosité sauvent des milliers de patients chaque année.

Les auteurs de cet article n’ont compris qu’une seule vérité: la mort est un processus par ­lequel toutes les cellules d’un organisme ne meurent pas au même instant. Ils semblent toutefois incapables de saisir que c’est la ­nature même de ce processus qui rend les transplantations possibles et légitimes. Une fois cerveau et tronc cérébral irréversiblement privés d’oxygène, ils meurent et ne sont donc plus en mesure d’assurer le fonctionnement et la coordination des autres tissus et ­organes. Contrairement au dogme des auteurs, ces tissus et organes ne sont plus vivants, mais simplement et temporairement viables: ventilation artificielle et pharmacothérapie freinent et/ou diffèrent leur décomposition, rien de plus, rien de moins. D’ailleurs, un organe prélevé chez un donneur vivant (pratique qui, curieusement, échappe à la volonté de censure des auteurs) n’est lui aussi que viable avant sa reconnexion à l’organisme receveur.

Au terme de la lecture du salmigondis de contre-vérités asséné par les auteurs, il ne peut que leur être conseillé de se replonger dans les manuels de physiologie du début de leurs études et de méditer la fine et exemplaire analyse de Samia Hurst à la dernière page du BMS (p. 534). Il serait également opportun qu’ils s’engagent, en cohérence avec leur «logique», à renoncer à toute transplantation pour eux-mêmes.

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