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Droit de réponse à l’article F. Tabin sur l'analyse statistique ANOVA

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2020.18992
Veröffentlichung: 17.06.2020
Schweiz Ärzteztg. 2020;101(2526):800-801

Christophe Kaempf, 
porte-parole de santésuisse, Soleure

Droit de réponse à l’article F. Tabin sur l’analyse statistique ANOVA

Lettre concernant: Tabin F. Maîtrise et critique d’une analyse statistique: ANOVA en question. Bull Med Suisses. 2019;100(46):1550–2.

C’est avec beaucoup de surprise, pour ne pas dire de consternation, que nous avons pris connaissance de l’article de M. Tabin au sujet de la méthode ANOVA qui sert de base aux assureurs-maladie pour effectuer les contrôles d’économicité auprès des médecins comme prévue par la loi (art. 56 LAMal). Les propos de cet «expert» sont tellement erronés que nous avons jugés nécessaire d’y apporter une réponse. Il nous importe que vos lecteurs dispo­sent d’informations correctes afin de pouvoir se forger leur propre avis au sujet d’ANOVA et de méthodes statistiques pour contrôler l’économicité.

Selon M. Tabin, la méthode ANOVA ne serait pas reconnue par le Tribunal fédéral. Pourtant, en tant qu’«avocat breveté» M. Tabin aurait dû savoir que le Tribunal fédéral a reconnu la validité de la méthode à plusieurs occasions dans ses arrêtés (BGer 9C_267/2017 E. 6.2, BGE 144 V 79 E. 5.3.2).

M. Tabin affirme également à tort que la méthode ANOVA serait une boîte noire, dont seuls les assureurs connaîtraient les détails. C’est oublier que la FMH et les assureurs se sont entendus sur une méthode qui est le développement de la méthode ANOVA (l’analyse de régression). L’analyse de régression a d’ailleurs fait l’objet d’une convention entre les faîtières des assurances-maladie, santésuisse, curafutura et la FMH. Les médecins ont d’ailleurs contribué à l’élaboration de cette méthode, ils en connaissent donc aussi parfaitement le fonctionnement (voir à ce sujet l’article ­«Nouvelle méthode de screening pour les contrôles de l’économicité». Bull Med Suisses. 2018;99(41):1390–1).

Par ailleurs, M. Tabin prétend que les médecins faisant l’objet d’un contrôle ou d’une demande de remboursement n’auraient pas la possibilité de se défendre. C’est évidemment inexact: santésuisse permet à chaque médecin filtré par les contrôles d’économicité d’expliquer les éventuelles particularités de sa patientèle qui serait à l’origine d’un dépassement des coûts par patient. Ces discussions ont notamment lieu dans le cadre des commissions paritaires des sociétés de médecine, où des médecins experts participent aux discussions avec santésuisse où souvent les dépassements d’indices peuvent d’ailleurs être expliqués et justifiés!

M. Tabin base son article sur des références surannées, la plus récente datant d’il y a… 10 ans! Dès lors, on peut raisonnablement douter du sérieux de son entreprise. On a évidemment le droit de remettre en question une méthode statistique qui, comme toute méthode statistique, comporte ses avantages et ses limites. Les lecteurs de votre publication sont toutefois en droit d’attendre que cela se fasse avec un minimum d’honnêteté intellectuelle.

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