Briefe / Mitteilungen

L'Analyse de Régression ou à quelle sauce nous allons être mangés (avec réplique)

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2021.20182
Veröffentlichung: 10.11.2021
Schweiz Ärzteztg. 2021;102(45):1481-1483

Dr Serban Sikitiu, spécialiste en pédiatrie et médecin praticien, Lausanne

Patrick Müller, Leiter Abteilung Ambulante Versorgung und Tarife FMH

L’Analyse de Régression ou à quelle sauce nous allons être mangés (avec réplique)

Ce nouvel outil de contrôle de l’économicité est né d’une collaboration entre la FMH et les assureurs sur l’incitation du Conseil fédéral. Il a été validé en 2018 mais appliqué rétroactivement dès 2017 [1].

Depuis son application, de nombreuses lacunes sont ressorties et la FMH n’est pas restée insensible aux critiques. Un colloque a été organisé à la fin 2020 et la publication «Echange d’expériences sur la nouvelle méthode de sélection» [2] révèle que cette ­méthode est loin d’atteindre son but, elle est «imparfaite et doit être affinée». Quelques constatations ressortent:

– Cette méthode n’est pas un indicateur d’économicité, mais un indicateur de coûts. En plus, elle n’examine pas si les prestations sont justes ou économiques, elle procède à une sélection arbitraire des cabinets selon des critères non objectifs en la liant à la morbidité;

– ces coûts par patient sont comparés avec ceux des médecins du même groupe de spécialistes de toute la Suisse indifféremment du lieu de pratique et s’ils sont dispensateurs de médicaments, etc. Concernant l’emplacement du cabinet, on efface toutes les différences de territoire, type de pratique et on prétend que, par régression, un dénominateur statistique significatif en résulte. Dans cette alchimie des variables [2], on «oublie» par exemple que dans un même groupe de spécialistes il y a des médecins qui prescrivent des médicaments et d’autres qui sont habilités à les vendre [3];

– les statistiques du même groupe de médecins sont truffées d’aberrations: des médecins retraités ou décédés, des praticiens qui ont d’autres spécialités, psychiatres, chirurgiens, gynécologues, des urgentistes sans cabinet ou de grands cabinets de groupes qui opèrent sous un seul numéro RCC avec des revenus à des millions.

Le caractère imprécis de cette méthode amène à des résultats surprenants: plus un médecin gère seul un patient et le traite dès le début sans l’hospitaliser, sans l’envoyer chez un spécialiste, plus il est cher et non économique. A l’inverse, le praticien qui délègue ses patients à des spécialistes a des indices bas et est économique. D’après le critère de l’hospitali­sation, plus on hospitalise, plus la méthode conclut que ce praticien a une patientèle avec une morbidité importante. Son indice de régression est bas et donc économique?!?

Avec cette méthode, la pratique de la médecine est devenue difficile, elle est vidée de ses objectifs primaires: prévenir, diagnostiquer, traiter et guérir.

Actuellement, les généralistes vivent sous tension. Peur de dépasser le temps de consultation, peur d’investiguer ou de prescrire.

L’émission Mise au Point sur la RTS du 25 avril 2021 [4] illustrait bien le désarroi de nos confrères soumis à des procédures de rétrocessions d’honoraires.

Avec les anciens indices, nous avions des repères avec les collègues du même canton. Juridiquement, nos indices RCC sont toujours ­valables mais santésuisse a refusé dès 2019 de les intégrer dans nos propres statistiques. Pourquoi?

Aujourd’hui, la FMH subit des revers majeurs. A très haut niveau, on discute d’enveloppes budgétaires et après maintes années de travail, la nouvelle tarification, le TARDOC, se trouve en «stand by». Connaissant la force du lobbying des assureurs dans les couloirs du Palais fédéral, doit-on s’étonner? Sous contrat, la FMH assume un outil statistique pervers qui est loin de produire les effets escomptés.

Pendant ce temps-là, les assureurs continuent imperturbablement de nous harceler à l’aide d’un montage qui n’est ni affiné, ni exact.

Réplique à «L’Analyse de Régression ou à quelle sauce nous allons être mangés»

Das Krankenversicherungsgesetz gibt vor, dass Leistungserbringer und Versicherer eine Methode zur Kontrolle der Wirtschaftlichkeit festlegen müssen. Die statistische Screening-Methode nach Art. 56 Abs. 6 KVG wurde zwischen der FMH, santésuisse und curafutura vertraglich geregelt. Die statistische Screening-Methode filtert Ärzte mit statistisch auffällig hohen Kosten im Vergleich zum Vergleichskollektiv. Damit ist aber noch nicht bewiesen, dass ein Arzt unwirtschaftlich Leistungen erbringt. Erst im Rahmen einer nachgelagerten Einzelfallbeurteilung kann dies abschliessend beurteilt werden. In einer Einzelfallanalyse sind beispielsweise die Praxisbesonderheiten des Arztes zwingend zu berücksichtigen. Im Vertrag dazu haben die Vertragspartner auch vereinbart, dass die Screening-Methode kontinuierlich weiterentwickelt werden muss.

Mit der neuen statistischen Screening-Methode (Regressionsanalyse), welche für Daten ab dem Jahr 2017 zur Anwendung kommt, sind im Vergleich zur Vorgängermethode ANOVA deutlich weniger Ärzte statistisch auffällig. Damit werden auch deutlich weniger Ärzte im Rahmen der Wirtschaftlichkeitsprüfung durch santésuisse angeschrieben. Mit der neuen Methode kann die Morbidität des Pa­tientenkollektivs des Arztes besser abgebildet werden. In einem ersten Schritt wurden das Alter und das Geschlecht berücksichtigt und mit der neuen Methode auch die PCG (Pharmaceutical Cost Groups), Höhe der Franchise und Spitalaufenthalt im Vorjahr als Morbi­ditätskriterien. Die Vergleichskollektive müssen bis auf die einzelnen ZSR-Nummern offengelegt werden. So kann vermieden werden, dass unzulässige Leistungserbringer für das Vergleichskollektiv berücksichtigt werden. Es ist unbestritten, dass auch diese neue Methode noch weiteres Verbesserungspotential hat. Die FMH setzt sich dafür in den entsprechenden Arbeitsgruppen für eine laufende Verfeinerung und Weiterentwicklung der Methode ein. Gerne nehmen wir auch Input zur Weiterentwicklung der statistischen Screening-Methode entgegen und bringen diesen Input in den entsprechenden Arbeitsgruppen ein.

Weitere Information zur statistischen Screening-Methode (Regressionsanalyse) finden Sie auf der Website der FMH.

Références

1 Kessler T, Brunner L, Trittin A. Nouvelle méthode de screening pour les contrôles de l’économicité. Bull Med Suisses. 2018;99:1390–1.

2 Müller P, Kessler T. Echange d’expériences sur la nouvelle méthode de sélection. Bull Med Suisses. 2021;102:73–5.

3 TF: Arrêt 9C_67/2018 du 20 décembre 2018.

4 RTS: La Mise Au Point, le 25 avril 2021.

Verpassen Sie keinen Artikel!

close