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Briefe / Mitteilungen

A propos de la médecine personnalisée

Jacques Moser

DOI: 10.4414/saez.2017.05660
Veröffentlichung: 17.05.2017
Schweizerische Ärztezeitung | Bulletin des médecins suisses | Bollettino dei medici svizzeri | 2017;98:20

A propos de la médecine personnalisée

Merci à Hans Stalder pour ses excellentes réflexions critiques sur la médecine dite personnalisée, ce nouveau trend, ultime expression de l’approche linéaire, comme il dit pertinemment. Stalder souligne les limites de cette ­approche pour les praticiens confrontés quotidiennement à des situations complexes. Son article m’inspire une réflexion complémentaire.

La question de la médecine «personnalisée» peut aussi être abordée par un autre biais, celui de la sémantique. Car nous sommes bien dans une confusion langagière. En effet, la médecine dite personnalisée utilise pour se définir une forme du verbe transitif «personnaliser» et non le substantif «la personne» qui, lui, aurait valeur nominale. Et pour cause: que la médecine «personnalisée» évite le substantif n’est pas anodin. C’est révélateur du fait qu’elle s’intéresse d’avantage aux données chiffrables, quantifiables propres à l’individu qu’à la personne en tant que telle, dans son humanité, son histoire, son contexte social, spirituel etc.

Vu sous cet angle, et malgré des avancées incontestables, la médecine dite «personnalisée» s’oppose bien (et pas seulement sur le plan sémantique) à ce qu’il est convenu d’appeler la «médecine de la personne», idéal auquel aspirent encore les généralistes et médecins de famille. Les enjeux économiques derrière les deux approches sont aussi, bien évidemment, très différents.

Dr Jacques Moser, Lausanne

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