Briefe / Mitteilungen

TARPSY

Gérald Klinke

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2017.06000
Veröffentlichung: 13.09.2017
Schweiz Ärzteztg. 2017;98(37):1181

TARPSY

Lettre concernant: Unger-Köppel J. L’aberration 
du budget global: le projet-pilote suisse le démontre. 
Bull Méd Suisses. 2017;98(24):753.

Merci au Dr Unger-Köppel pour l’excellent éditorial du no 34 du BMS concernant TARPSY. Il décrit de manière claire et compréhensible l’évolution du système des soins psychiatriques. Il précise que les hôpitaux psychiatriques devront investir dans des équipes qui gèrent le codage et la facturation, alors qu’ils manquent déjà de ressources humaines dans le secteur des soins. Ensuite, des équipes d’externes indépendants vérifieront, sur la base de documents à la disposition des codeurs, si le codage est plausible. Ce contrôle qui vérifiera le codage et non pas la pertinence du travail médical coûtera encore de l’argent. Enfin, selon le Dr Unger-Köppel la pratique décidera si les soignants en charge du suivi recevront un exemplaire complet ou seulement un extrait du rapport de sortie, rapport servant au codage et à sa révision, ce qui montre bien un changement de paradigme dans la hiérarchie. Alors que le codage devrait être basé sur la clinique pour mettre en évidence la complexité et la sévérité du trouble soigné, les soignants ne recevront peut-être même pas ces informations, ce qui paraît pour le moins étrange.

Même sans avoir fait des études d’économie à St-Gall, on voit bien le glissement du système de soins vers une véritable économie où les patients deviennent une marchandise. On ­investira beaucoup d’argent pour la facturation alors que le bon sens aurait voulu qu’on cible la qualité des soins pour obtenir le meilleur rapport bénéfice/coût possible.

Espérons que la nécessité de démontrer la ­sévérité du trouble n’aura pas de lien direct avec le traitement médicamenteux, sinon l’industrie pharmaceutique se frottera les mains et les patients trinqueront. On voit bien la ­dérive dans le cadre des expertises des assurances sociales où nos patients n’ont subitement plus de troubles psychiatriques ou du moins un trouble impactant peu la capacité de travail. Il se pourrait bien que nous aurons tout d’un coup affaire, dès janvier 2018, à des troubles plus sévères et plus complexes, nécessitant une médication plus lourde. Espérons également que les patients ne seront pas mis à la porte de l’hôpital quand ils ne seront plus rentables.

Dr Gérald Klinke, Lausanne

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