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Stratégie énergétique - Pesée d’intérêts, oui, mais faire la bonne

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2017.05608
Veröffentlichung: 03.05.2017
Schweiz Ärzteztg. 2017;98(18):561

Dr Jean Martin, Echandens

Stratégie énergétique – pesée d’intérêts, oui, mais faire la bonne

Philippe Roch, ancien directeur de l’Office ­fédéral de l’environnement, qui a participé il 
y a une vingtaine d’années à d’importantes négociations internationales, est une figure respectée de l’écologie dans ce pays. Toutefois, il a pris dans deux grands quotidiens romands (Tribune de Genève et 24 heures du 13 avril 2017) une prise de position qui stupéfie ceux qui pensaient l’avoir avec eux pour soutenir, le 
21 mai prochain, la Stratégie énergétique du Conseil fédéral et du Parlement.

S’agissant de voter, on ne peut pas dire «oui mais» ou «non mais»; il y a lieu de s’engager pour la position la plus appropriée, en effectuant une large et soigneuse pesée d’intérêts. Ph. Roch: «Cela a été une décision très difficile à prendre, mais je ne peux pas être d’accord avec un projet qui affaiblit la préservation de la nature.» Attitude estimable mais qui, tristement, en fait un allié objectif de milieux qui ne veulent pas entendre parler de dérèglement climatique ni d’épuisement des ressources non renouvelables. Sa position «rousseauiste», d’une nature en quelque sorte distincte de la vie de la communauté humaine, me fait penser à cette formule lue récemment: «Quand l’Homme aura pris totalement possession de la Terre, de la façon dont il le fait en ce moment, il n’y aura plus rien à posséder»… Quand le milieu et le climat auront été tellement altérés par la production-consommation effrénée et que sera bouleversée de manières majeures la vie des humains (et des animaux et des plantes), que restera-t-il de la pertinence des éléments esthétiques qui préoccupent – de ­façon disproportionnée aujourd’hui – Mon­sieur Roch? De plus, à défaut de la Stratégie énergétique 2050, on imagine aisément quels dégâts subira la nature, notamment par la persistance du nucléaire et par l’importation d’électricité produite à partir de charbon ou d’autres produits fossiles.

Comme pour lui, la nature est pour moi un grand pilier de ce que j’apprécie dans la vie, et quant au principe j’ai un même intérêt pour sa protection (comme je respecte les orientations éco-spirituelles qu’il manifeste). Mais je suis alarmé de sa pesée d’intérêts inadéquate. «First things first», disent les Anglo-Saxons –établissons les bonnes priorités. Aujourd’hui, il est impératif d’abord de diversifier nos ­manières d’obtenir et utiliser l’énergie; il faut en particulier sortir du fossile et du fissile et corriger les prix actuellement faussés des produits énergétiques. Donc, voter oui le 21 mai.

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